«Enfants rois» : les dessous de l'obéissance

Ce que jécris, ce que je partage, je le fais plutôt dans une perspective qui se veut introspective (pour toi comme pour moi) et thérapeutique. Mais à bien y regarder, l'éducation, c'est aussi éminamment politique. 

 Le fait est que quand on commence à s’intéresser pour de vrai à la parentalité et au développement de l’enfant, on réalise qu’il y a deux grandes écoles : celle qui privilégie l’efficacité à court terme, et celle qui privilégie le résultat à long terme.

 Et les implications sont majeures, parce que quand on regarde les choses dans leur ensemble, le « produit final » qu’on veut que notre enfant devienne, on va sans doute vouloir quelque chose de très différent de ce qui nous faciliterait la vie à court terme.

 Parce que des enfants qui se taisent, qui ne remettent rien en cause, qui acceptent tout en silence, ça a l'air génial et facile sur le papier, certes. Mais après, on ouvre nos livres d’histoire et on se demande comment on a pu en arriver là (et puis on juge un petit peu en se disant que si ça avait été nous, on n'aurait pas laissé faire). Mais voilà, on est pas bien sage et obéissant toute son enfance pour devenir un libre penseur comme par magie à 18 ans. Toutes les peurs, toutes les menaces, tous les chantages visant à nous soumettre pendant l'enfance restent imprimés en nous, et il faut beaucoup d’efforts et de conscience pour réapprendre à être plus libre.

Alice Miller explique très bien comment une éducation autoritaire, qui s’appuie sur l’obéissance et la soumission à une figure d’autorité en recourant à des violences physiques ou psychologiques et en empêchant l’expression de certaines émotions, ne fait rien de moins que le lit du fascisme.

Vu comme ça, ça donne pas envie, pourtant beaucoup de gens recourent encore à ce type d’éducation, et beaucoup d'autres la défendent même encore, dépeignant les enfants comme des petits sauvages incapables de vivre en société, qui doivent être matés pour être rendus supportables pour les pauvres adultes.

Pourtant, les études scientifiques et sociologiques de ces 50 dernières années (au moins !) dressent un tableau bien différent : celui d’enfants hautement sociaux, qui cherchent le lien, sont prêts à aider spontanément alors qu’ils n’ont que quelques mois, et sont profondément empathiques. Des études comme ça, il y en a à la pelle.

“Toutes les victimes ne deviennent pas bourreaux. Mais tous les bourreaux ont été victimes.”

Alice Miller

Pourquoi ce concept d'enfant-roi a la peau si dure en France ? Je me le demande sincèrement. Parce que je vois bien que c'est pas comme ça dans tous les pays, loin de là. En fait, je ne connais aucun pays qui soit aussi intolérant face à la nature de ce qu'est un enfant.

 

Alors ce que j'ai envie de te dire maintenant, c'est que si toi aussi, tu essaies de faire différemment avec tes enfants, même si c'est pas parfait, même si parfois, ça t'arrive encore de regretter tes actions ou tes paroles, le fait que tu essaies et que tu améliores les choses, c'est déjà énorme.

A chaque fois que tu arrives à mettre ton ego de côté, à chaque fois que tu choisis la connexion et l'empathie plutôt que la domination, à chaque fois que tu reconnais ce que vit ton enfant, même si c'est désagréable pour toi, tu poses les fondations d'un monde meilleur. Et on en a bien besoin.

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